ACTUALITES



Perturbateurs endocriniens : La Commission Européenne sous pression.

Perturbateurs endocriniens : La Commission Européenne sous pression.

La Commission européenne n'a pas réussi à convaincre les Etats membres de voter favorablement pour sa définition des perturbateurs endocriniens. Cette proposition est censée appliquer une disposition très stricte du règlement européen sur les pesticides : l’interdiction des pesticides qui seront reconnus comme perturbateurs endocriniens. La France et la Suède n'ont pas apprécié une nouvelle version qui interdirait moins de substances.

Le mercredi 21/12/2016, la Commission Européenne devait définir une liste de critères permettant de définir un perturbateur endocrinien et de classer ces substances pour interdire les plus dangereuses. Une mesure attendue depuis plus de trois ans.

Depuis la présentation de sa définition initiale en juin 2016, la Commission a retravaillé sa copie à de multiples reprises. Et la dernière version mise au vote a plus que surpris les organisations non gouvernementales et certains Etats membres. « Un paragraphe supplémentaire a été ajouté,  Il exclut de la définition de perturbateurs endocriniens les substances actives conçues volontairement pour agir sur les systèmes hormonaux des organismes cibles, insectes pour les insecticides et mauvaises herbes pour les herbicides. Selon nos recherches, cette définition empêcherait d'interdire au minimum une quinzaine de substances actives autorisées en Europe qui représentent en France un volume d'utilisation de 1.450 tonnes sur les 65.000 tonnes vendues" explique François Veillerette, porte-parole de Générations futures.

Ce paragraphe visait à affaiblir les dispositions concernant les perturbateurs endocriniens dans les législations européennes, sur les pesticides et les biocides.

Selon l'association, cette exemption est une demande récurrente de l'industrie phytopharmaceutique à laquelle la Commission a semble-t-il cédé. L'Allemagne, pays d'origine des fabricants de pesticides Bayer et BASF, serait à l'initiative de cet ajout. "Quelques jours avant cette réunion l'Allemagne a même proposé une formulation encore moins restrictive", s'offusque François Veillerette.

Hormis certaines ONG, des pays comme la France et la Suède ont fait barrage. La ministre de l’environnement Ségolène Royale, a qualifié d’inacceptable cette nouvelle définition. Elle a d’ailleurs fait savoir que si cette définition était acceptée en l’état elle marquerait un recul dans l’action de l’UE.

Alors que les études sanitaires et scientifiques dénonçant les conséquences néfastes, pour la santé humaine et l'environnement, des produits contenant des perturbateurs endocriniens font consensus et se multiplient l'Europe pourrait céder (une fois de plus) aux lobbys industriels. De leur côté, les associations, dont Générations futures, crient au scandale, dénonçant une politique inapte à protéger la santé des citoyens. La bonne nouvelle, si l'on peut dire, c'est que la Commission n'a pas obtenu le 21 décembre de majorité qualifiée pour l'approbation de son texte et doit donc revoir sa copie.

(Source : Actu-Environnement, Sud-Ouest, Le Monde)

Article paru le 30/12/2016

Abonnez-vous au flux d'actualité de emp-micropolluants.fr : Actualités de emp-micropolluants.fr
comment ça marche ?
Toute l'actualité de emp-micropolluants.fr